PACE WON : OUTSIDAZ FOR LIFE

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Tu es né à New-York, Brooklyn avant de t’installer dans le New-Jersey à Newark, lors de ton enfance. Quel fut ton premier contact avec la musique et comment s’est faites le lien avec Young Zee ? tu évoluais déjà au sein d’un groupe avec D.U. ?

Pace Won : Je suis né et j’ai fait les premières années de mon enfance à New-York, à Brooklyn. Puis ma famille et moi sommes retournés dans le New-Jersey, à Newark. Je suis revenu dans le New-Jersey, à l’âge de 4 ans. Aujourd’hui, je vis toujours à Newark. Mon enfance était cool. Je jouais au baseball et aux jeux vidéos sur Atari, Nintendo et Sega. Mon père avait une belle collection de disques. Il nous jouait James Brown, Stevie Wonder, Michael Jackson, etc… C’était un très bon DJ. Ce n’était pas un DJ professionnel mais c’était tout comme. Petit, déjà, j’étais sensible à la musique que nous faisait découvrir donc on écoutait aussi bien de la soul, que du jazz, ou du reggae.

Avant lui, aucun membre de la famille n’était dans la musique. J’ai commencé par écouter U.T.F.O, Run – DMC, Roxanne Shante’, Slick Rick, BDP, GrandMaster Flash and The Furious Five, The SugarHill Gang, Dougie Fresh…

Tous m’ont influencé.

Mais le vrai truc qui m’a mobilisé, c’est La da di de Doug E Fresh et Slick Rick ; je devais avoir 12 ans. On écoutait déjà du rap avec mes frères, mais après ce morceau, je n’avais qu’une envie, c’était de monter sur scène et prendre un micro. J’ai compris que ce n’étais pas aussi simple. Mais j’ai travaillé.

D.U. habitait dans le même coin que moi et dés que nous nous sommes côtoyés, nous sommes automatiquement devenus amis. Nous avons formé le groupe P.N.S. qui incluait aussi un pote à nous du nom de Jihad. Ce fut mon premier groupe. J’ai rencontré Young Zee lors du réveillon du 31 décembre 1991. Je marchais sur Webster Street à Irvington, dans le New Jersey. J’avais aperçu un pote que je connaissais du studio MadMan dans lequel j’enregistrais et qui était tenu par A-Form. Il me demanda de me joindre à un cypher. Et Young Zee participait lui aussi à cet évènement. D.U. et moi avons donc participé et lorsque Zee a rappé, j’ai tout de suite accroché à son style qui me rappelait le mien par certains aspects. Nous nous sommes serrés la main ce soir-là mais nous n’avons échangé nos numéros de téléphone que plus tard lorsque nous nous sommes croisés à nouveau au studio de mon pote A-Form dans lequel Young Zee avait aussi pour habitude d’enregistrer. Nous avons ensemble participé à un autre cypher avant de décider de bosser ensemble. Peu après, nous avons monté Outsidaz qui à l’époque incluait aussi A-Form et MadMan. 

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Comment se sont agrégés les autres membres du groupe et comment s’est fait le lien avec Rah Digga ? Votre première apparition en tant que groupe, ce fait sur le morceau des Fugees « Cowboys » qui vous réunit, toi, Young Zee et Rah Digga… C’est cela ?

Pace Won : D.U. et Young Zee ont rencontré Rah Digga et sa partenaire de rime Cachia dans le bus.  Elles évoluaient en groupe. Rah Digga a rejoint Outsidaz après cette rencontre. Slangton était mon colocataire pendant les quatre années de faculté. Il nous a rejoint rapidement avec son pote Lone. Ils rappellent ensemble. Yah Lover est le frère de Young Zee. Il évoluait dans notre cercle et il a naturellement intégré le groupe. Az Izz était un pote de Yah et c’est ainsi qu’il nous a rejoint. Quant à Axe, il est arrivé un peu après. Nous étions ensemble dans l’équipe de baseball quand nous étions mômes. Nous avons rencontré The Fugees dans un studio monté par Kool and The Gang à West Orange. Young Zee était déjà signé sur le label de Jimmy Jam et Terry Lewis qui s’appelait Perspective Records. Young Zee avait tourné avec le groupe et lorsqu’ils sont revenus de tournée, mon manager de l’époque, Guy Lonchamp, a booké une session dans ce studio où The Fugees avaient leurs habitudes. Pour l’anecdote, Akon était ingénieur du son dans ce studio. Après cette session, Wyclef m’a dit qu’il souhaitait nous avoir sur leur album à venir «The Score». C’est comme çà que nous sommes apparus sur le morceau «Cowboys». Young Zee et Lauryn Hill ont aussi fait un album en commun du nom de «Stay Gold» qui a été enregistré peu après la sortie de «The Score». Nous n’avons été payé pour notre participation sur le morceau «Cowboys» que des années après. Mais je n’ai jamais eu de ressentiment à cause de cela. L’opportunité était telle qu’elle nous a ouvert des portes. Rah Digga a signé chez Elektra et j’ai signé chez Ruffhouse.

Au delà de nos carrières solos, nous voulions que Outsidaz deviennent un super groupe. Nous avons intégré Bizarre et Eminem qui évoluaient au sein de D12. Il y avait une grosse émulation.

Eminem a rapidement signé chez Aftermath. J’ai signé chez Columbia / Sony via le label Ruffhouse et Young Zee s’est libéré de son contrat avec Perspective Records et A&M. Il y avait cette battle qui opposait Young Zee à Blaze et cela nous a permis de signer en tant que groupe sur le label Ruffhouse. Redman et Method Man étaient de vrais supporters du groupe et ils nous ont aidé en nous emmenant en tournée avec eux. Nous les avons invités à notre tour sur un de nos morceaux. Rah Digga a eu la carrière que nous lui connaissons et elle a intégré le Flipmode Squad. Mais elle reste une Outsidaz pour la vie. Outsidaz a été la fondation de tout cela. 

Tu as aussi posé aux cotés de Redan sur son album «Malpractice»…

Pace Won : Nous nous connaissons depuis un moment. Notre rencontre doit remonter à 1994 ou 1993. C’est un gars de chez nous. Je me souviens que nous passions régulièrement en voiture devant chez lui  et la connexion s’est inévitablement faites un jour. Quelques années plus tard, j’ai eu l’occasion de tourner avec Redman et Method Man. C’est la famille. C’est le New-Jersey.

Tu as toujours produit, notamment dans Outsidaz mais aussi en solo, notamment sur l’album «Telepathy». Qu’est-ce qui t ‘intéresse et te mobilise dans cet exercice ? Sur ton premier album solo, tu as fait appel à Ski qui a notamment produit «I Declare War» avec ce sample de Lee Mason qui sera repris par Madlib pour Lootpack et bien plus tard par Sean Price…

Pace Won : J’ai toujours aimé produire et avant cela, écouter de la musique. Cet amour pour la musique m’a été communiqué par mon père qui nous jouait ses disques régulièrement. Avec l’âge, j’en suis venu naturellement à sampler et à développer mon oreille dans ce sens en écoutant des disques et des morceaux en radios. Isoler un sample lors d’une écoute est devenu naturel. Trouver la bonne loup et imaginer l’arrangement avec les bons patterns de batteries ensuite me passionnait et cela me passionne toujours autant. La connection avec Ski s’est faites, peu après le morceau «Cowboys» et Ski venait de faire Camp Lo. Nos clips tournaient sur B.E.T. et Ski, un jour m’a appelé et m’a proposé de travailler ensemble. Juste après est arrivé le deal avec RuffHouse. Tout s’est enchainé à merveille. Nous enregistrions au studio Unique et Ski, lors d’une session me joue la production de ce qui deviendra «I Declare War» avec le sample de Lee Mason mais je n’ai jamais écouté le morceau originel dont est tiré le sample. Je n’ai jamais eu a amené de disque ou de samples à Ski car Ski est un sacré enculé de digger.

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Qu’est-ce qui s’est passé après la sortie de ton premier album «Won» ? Ruffhouse a périclité peu après… pour quelles raisons ?

Pace Won : C’était le début de la crise du disque et des grosses fusions, des changements de distributions et de deal. Ruffhouse a quitté Columbia / Sony pour Warner Bros. Et cette transition ne s’est pas bien passée et nous avons été mis de côté. Puis le label a périclité. J’ai eu ensuite l‘opportunité de travailler avec plusieurs labels. Detonator Records ont sorti «Telepathy», les deux albums en collaboration avec Mr Green «The Only Color that matters is green» et «The only number that matters is won» sont sortis sur Raw Poetix et «Pace Won presents Teamwon» sur Ascetic Music. 

Tu as aussi collaboré avec Morcheeba sur deux morceaux de «Charengo». Cet album compte ta présence et celle de Slick Rick comme featuring rap. Comment s’est faites la connexion ?

Pace Won : Nous avons beaucoup tourné avec Outsidaz aux Etats-Unis et en Europe. Nos morceaux ont eu de l’airplay, notamment en Angleterre. J’ai rencontré les membres de Morcheeba et je me suis rendu compte qu’ils étaient amateurs de bon hip-hop et qu’ils avaient une culture sérieuse dans cette musique. Ils avaient apprécié mon album et m’ont recontacté en évoquant une collaboration sur l’album qu’ils étaient en train d’enregistrer. Ils voulaient deux collaborations Hip-Hop. La mienne et Slick Rick. Nous avons fait ces deux morceaux et Morcheeba m’ont invité sur toute leur tournée européenne en première partie et ensuite, je m’incrustais sur leur shows pour faire les morceaux «Charango» et «Get Along».

Que s’est-t-il passé avec Royce Da 5’9 ?

Pace Won : Royce a fait cette chanson «Dead President Heads» dans laquelle il s’est permis d’avoir des propos diffamatoires concernant Outsidaz. J’aurais trouvé plus judicieux d’être unis et surtout je trouve étrange qu’il ressasse 17 ans après, des choses alors que nous l’avons croisé tout ce temps et que nous avons toujours considéré nous relations comme bonnes et cordiales. Ceci étant dit, je ne pouvais pas laisser quelqu’un déféquer sur notre musique et notre contribution à cette musique et cette culture. Avec Young Zee nous avons décidé de faire notre réponse et de l’enterrer.

Justement, en parlant de Outsidaz, vous envisagez de reformer le groupe autour de Young Zee, Rah Digga, toi et D.U.   

Pace Won : Oui, nous envisageons de revenir en groupe et de cracher les rimes et les couplets les plus chaudes du game. Soyez prêt. Ce sera là pour 2021.

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