Mag Spencer début au début des années 90 dans un groupe de funk de la banlieue ouest de Paris. Il est batteur et rien ne le prédestine encore à embrasser les platines et le sampler. Son groupe est repéré par la Yellow et celui qui deviendra peu de temps après Bob Sinclar. l’expérience reste sans suite et le groupe capote. Mag Spencer devient producteur de Hip-Hop puis de musique électronique. Moitié du binôme l’Exécuteur de Hong-Kong et Dj au sein de Disco Matin, il travaille actuellement sur deux projets. 

 

Mix en écoute ici :

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Tu es batteur au début, notamment dans un groupe de funk repéré par Bob Sinclar. Peux-tu revenir sur cette époque ? A ce moment quelles sont vos influences et vous ambitionnez quoi ?

Mag Spencer : C’est en 92 au Lycée, avec 3 potes, on avait une petite émission de radio où l’on passait du Jazz, du funk, du hip hop, house, jungle, ce qu’on appelait aussi Acid Jazz en Angleterre , un courant qui prenait de l’ampleur à l’époque, un mélange de plein de genre autour du Jazz, on adorait ça, on était connecté à Nova, au magasine Vibration, on était toujours fourré à la Fnac des italiens qui était au top là dessus. on touchait un peu aux instruments moi la batterie, et naturellement on a monté un groupe, on s’enfermait des heures dans une cave , on jouait, on kiffait, on a prit ça vraiment au sérieux, et on a finit par faire une démo de quelques titres. Un soir on est allé au Café de La Plage à Bastille, un lieu incontournable à l’époque de la scène funk, acid jazz, et il y avait Chris the french Kiss(avant de s’appeler Bob Sinclair et Alain Ho de chez Yellow Productions qui jouaient là bas, on a discuté avec eux, on leur a filé une cassette, ils ont kiffé et ils sont venus nous voir répéter avec leur ingé son Cutee B super trompettiste qui a fini par intégrer le groupe avec un pote à lui au sax. Alain et Chris nous ont suivis, un peu coachés , on a enregistré un track en studio, sans suite,ils voulaient finalement un truc plus brésilien, dommage, …Mais notre chanteuse et guitariste ont quand même participé à un morceau du 1er album de Rythmo Brazilic.

Le groupe funk où officie Mag Spencer dans les années 90 avec le futur Bob Sinclar

Le groupe funk où officie Mag Spencer dans les années 90 avec le futur Bob Sinclar

A l’issue de ce groupe, on est en quelles années et tu décides de faire quoi ?Tu te tournes vers la musique électronique et assisté par ordinateur ? Tu es déjà à la jonction des deux, entre Hip Hop et musiques électroniques ?

Mag Spencer : Après le groupe, avec le temps, s’est splitté, on est en 95 je crois, et je délaisse la batterie pour un sampleur et un 4 pistes comme séquenceur, plus ma platine vinyle et je commence à bidouiller des sons, je deviens accro et je n’en dors plus la nuit, trop kiffant d’être son propre chef d’orchestre, et je me lance dans les beats expérimentaux et hip hop. Je collabore avec des rappeurs du quartier à coté de chez moi, on est repéré par Mars de Time Bomb mais sans suite finalement, encore dommage, putain décidément…

Est-ce que le fait d’avoir été batteur t’as donné un groove particulier, une manière d’appréhender le beat ou ce sont des exercices totalement différents ?
Mag Spencer : J’ai toujours aimé le rythme, j’ai toujours été attiré par la batterie et ça m’a aidé pour mes placement rythmiques je pense.

 

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 L’exécuteur deHong Kong se monte comment et à quelle occasion ? Vous enchainez plusieurs albums ? Comment se construisent les albums avec l’exécuteur. Production d’un côté et texte de l’autre ?

Mag Spencer : Un pote qu’on a en commun kiff l’Exé et kiff mon travail. Il a la super idée de nous faire rencontrer. Bingo!! ça match direct. Une histoire incroyable notre 1er EP, à l’époque je bossais dans un resto à Etienne Marcel, à coté d’un disquaire du nom de « Chez Youri », j’étais tout le temps fourré là bas pour des disques à sampler, le gars me calculait pas, j’étais un client lambda. Et un jour, Youri part à Nyc, se retrouve avec un pote qu’on avait apparemment en commun, partent en voiture digger une adresse , et qu’est ce qui tourne dans l’auto radio en plein Brooklyn ? Une demo de l’Exé que j’avais filé à mon pote avant qu’il ne déménage aux States. Youri bloque sur le son, revient avec le cd à Paris, le fait tourner dans son magasin, je passe à ce moment là, et la choqué, je me dis mais « qu’est ce que ça fout là ? ». Je lui dit que c’est moi qui fait les sons grâce à ses skeuds, on rigole, on en revient pas de cette histoire. Je lui présente l’Exé, on rigole de plus belle, et « Chez Youri » devient notre fief, et il finit par produire le 1er EP en 2003, avec 2good en distrib qui était fan aussi et qui ont bien poussé le produit. Un petit buzz se fait, puis vient le 1er album auto produit avec 2good qui nous suit toujours et un coup de pouce de Nova, il fut plutôt bien accueilli par la petite presse indé, ce qui nous motive à enchainer un 2eme album toujours avec Nova et 2good puis un 3eme. Avec l’Exé on prenait vraiment notre pied à bosser ensemble, surtout on s’est vraiment bien marrer à faire ces albums, on faisait ça sérieusement sans se prendre au sérieux, nos 2 styles se mélangeaient parfaitement, vraiment une bonne alchimie, lui gros cinéphile des 70s et 80s, moi à sampler des b.o ou de la library music. L’inspiration venait direct. Je bossais des sons. Il en sélectionnait et bossait ses textes dessus. On enregistrait et hop c’était parti.

 

Il y a quelque chose de décalé qui vous rapproche d’une certaine variété ou chanson exigeante qui va au delà des standards du rap français. C’est quelque chose que vous avez cultivé ou qui s’est faites naturellement ?

Mag Spencer : Tout s’est fait naturellement, sans se prendre la tête à bosser un concept,on ne se mettait pas de barrière, on s’en battait les couilles des codes, on mettait en avant tout ce qu’on kiffait, lui la chanson française, le rap, les films de Kung fu, les western spaghetti, les série B, les films fantastiques, les films de boule de l’époque, et moi le funk, la disco, les b.o, la library (tout ce qui servait pour les génériques télé, pub de l’époque). L’Exé est un personnage à lui tout seul de nature et de parcours, un gars du nord, ancien boxeur, ancien acteur, avec son univers, son humour bien particulier, il a une façon , un talent de te raconter ses histoires, ses blagues, tu es prit dedans direct et toujours avec autodérision. C’est ce qui a fait de nous je pense un groupe complètement atypique et inclassable dans le milieu du rap, car ça allait bien au delà.

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Il y a aussi ce mauvais gout parfois assumé des pochettes foutraque ? culture du mauvais gout assumé ou pied de nez ? Il y a aussi toutes ces références et name dropping aux séries b, aux spaghettis, à Chuck Norris?

Mag Spencer : Dans les films 80s on retrouvait souvent beaucoup d’autodérision,ça s’est perdu au fil du temps et c’est bien dommage, on se moquait du ridicule à l’époque, on en jouait et c’était vraiment drôle, on adorait ça les papy en moumoute brushing, cigare au bec, string léopard, mocasses croco, chaussettes blanches satinées italiennes, et les doublages français qui vont avec bien sûr, sans oublier le bruit des mandales.

 

Comment viens l’idée de faire de ton côté une carrière solo plus orienté musique électronique ? et la sortie du maxi chez Karat records se fait comment ?
Mag Spencer : Etant Dj et ayant bossé en club pendant longtemps, j’ai toujours aimé le coté Dance music, comme la disco, la house, la new wave, l’italo , l’électro, et j’en passe. Je me suis mis naturellement à composer autre chose que des beat hiphop, et 2 amis, Alex et Laeti connus pour leur shop de disques et soirées Katapult ont vraiment accroché sur 4 track qu’ils ont décidé de sortir sur leur label Karat, le numero 053 exactement, j’étais trop content de voir mes morceaux persos sortir au grand jour.

Il y a aussi les Edits qui sont fait sous l’entité Disco Matin et les dj sets qui s’enchainent, qu’est ce qui vous fédère au sein du collectif ?

Mag Spencer : Maxence aka St James m’avait repéré sur une soirée Katapult où je jouais, lui s’occupait de la prog d’un bar à Bastille, il me fait jouer là bas, super bon Karma entre nous, on se roule des pelles et on decide de monter des after plein de couleurs, d’amour, de fruits frais et bien sûr de disco, qui allait à contre pied de tout ce qui se faisait en terme d’after à Paris plutôt dark et nait Discomatin. On commence dans un petit endroit à Paris avec une capacité de 30 pers, on fait une soirée mémorable là bas avec Jim Irie et Théo de La Mamies et on decide de les greffer au projet et c’est le début d’une longue aventure qui dure depuis 3 ans avec festivals, soirées, la création d’un label, on prépare notre 5eme sortie là, et on s’éclate bien tous les 4.

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Tu travailles sur ton premier album, qu’est ce que tu peux nous en dire ? et parrallèllement sur un album avec Insight ?

Mag Spencer : C’est un album qui mélangera mon coté hip hop et musique électronique, avec quelques rappeurs U.S et morceaux chantés, plutôt dark dans l’ensemble et un projet plus funky, plus breakbeat, avec le rappeur Insight en construction actuellement, dont j’ai été mis en connexion grace à Amine du label Ascetic qui sortira ces 2 projets, et que je remercie grandement pour son soutien, je pense que tu le connais très bien.

Peux-tu nous présenter ton mix et qu’est ce qui fait un bon dj de soirée ?

Mag Spencer : Alors c’est mix qui mélange pas mal de styles, et qui caractérise vraiment cette période fin 70s début 80s que j’affectionne particulièrement,surtout à NY très chaotique, entre new wave, rap, funk, disco, punk, nowave, c’était chaud bouillant à l’époque. Fan des films comme Wolfen, Fort Apache, Taxi Driver, Warriors, Driller Killer, Wildstyle, Cruising, Permanent Vacation pour en illustrer l’ambiance….

Tu mixes exclusivement sur vinyle ?

Mag spencer : Non sur clé aussi pour mon dos.

 

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