Glosse, rimelle, mascara et huile de coude sur les circuits du Moyen-Orient, c’est le pari gagnant du documentaire « Speed Sisters » qui revient sur les exploits de la première équipe féminine palestinienne de pilotes automobiles dans tout le Moyen Orient et le monde arabe. Emmenée par la blonde Betty, les cinq femmes embarquent dans cette aventure et parviennent rapidement à se faire sponsoriser alors qu’elles viennent chambouler malgré elle, l’ordre établi.

Le documentaire révèle en creux l’histoire de ses femmes et l’histoire contemporaine d’une jeune nation qui doit se reconstruire. Les complications qu’il y a à vivre à Jenine, à Ramallah ou à Betlhem. Plus encore quand on est une femme et bien plus encore lorsqu’on fait de la course automobile, au milieu des checkpoints sur des circuits de fortune comme les places de marchés vides ou l’extérieur d’une cour de prison, malgré la guerre et le mur des séparations.

En filigrane, nous touchons aux destins individuels et collectifs de ces femmes comme Marah, qui a grandi dans un camp de réfugiés à Jenine et pour qui son père a tout sacrifié, préférant lui acheter une voiture flambant neuve au détriment d’un terrain oú bâtir la maison familiale.

Betty, jusque-là, vivait au quatre coins du monde, entre les Etats-Unis, le Mexique et le Chili, avant qu’elle ne décide de rentrer définitivement dans son pays, après la ratification des accords d’Oslo. Si elles ont toutes commencé individuellement, elles se constituent en équipe après la sollicitation du consulat britannique qui les pousse à s’organiser et se fédérer sous un même étendard.

La réalité des territoires occupés saisis en contraste avec le dynamisme de ces jeunes femmes prêtes à se battre et faire bouger les lignes dans une région ou être une femme et faire de la course automobile laisse circonspect.

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