netfeeders-journaliste-bléssé-loi-anti-travail Dans la journée de jeudi dernier, jeudi 26 mai 2016, en marge de la manifestation anti-loi travail El-Komry, à Paris, à Cours de Vincennes, un journaliste a été grièvement bléssé par une grenade dite de « désencerclement », lancé par un policier sur la foule. Les « bavures » s’additionnent et révèlent en creux une solidarité forte des institutions policières, médiatiques, politiques et gouvernementales pour étouffer le systématique recours à la violence des forces de l’ordre. Plus qu’un maintien de l’ordre, la police dérive vers une militarisation.

Lors d’un rassemblement en marge de la manifestation anti-travail, un groupe de personnes a fait face à une équipe de policiers de la compagnie de sécurisation et d’intervention dite CSI. L’équipe de policiers massés derrière leurs boucliers avancent à vive allure avant que l’un d’entre eux ne décide de lancer une grenade en direction d’un petit attroupement de personnes situé à trois, quatre mètres maximum. Les policiers se réfugient alors dans une résidence proche mais un quelqu’un est touché par la grenade. Grièvement touché à la tempe, celui-ci tombe, la tête ensanglantée. L’homme est journaliste indépendant. Il est venu couvrir les évènements et prendre quelques photos. L’évènement est filmé par plusieurs personnes et posté sur Periscope. La première vidéo est complétée par une seconde vidéo qui ne laisse aucune ambiguïté sur ce qui s’est passé.

Les journalistes et manifestants ne peuvent porter des casques durant les manifestations et se protéger des assauts de la police et des compagnies de CRS. En effet, le port du casque n’est pas autorisé et les manifestants ou journalistes portant un casque s’en voient délester par les autorités qui exécutent ici un ordre en provenance directe du gouvernement.

Le jeune photographe indépendant, Romain D, âgé de 28 ans, a été pris en charge par les pompiers avant d’être évacué vers l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière dans le XIII e arrondissement. Il souffrirait d’un enfoncement de la boite crânienne qui aurait occasionné des blessures internes. Il aurait été opéré dans la nuit et se trouverait actuellement dans un état de sédation. Son état est critique et s’il venait à se rétablir, il pourrait souffrir de séquelles.

“Il y a eu un blessé grave lors de la manifestation d’hier à Paris, par une grenade de ‘désencerclement’ ayant explosé à proximité de la tête. Il ne s’agirait pas d’un manifestant mais d’un photographe indépendant.”

 

 

 

-

Depuis le début des manifestations contre la loi travail, ce sont plusieurs centaines d’incidents qui ont été recensés dont 48 ont abouti sur une enquête judiciaire par l’IPG, la police des polices. Parmi lesquelles, celle du jeune photographe Romain.  L’enquête diligentée par la directrice de l’IPG évoque le danger de ces grenades dont l’usage n’est autorisé qu’en cas de « nécessité absolue », selon la réglementation.

Il faut mettre en corrélation la violence de la répression par les forces de l’ordre et le nouvel arsenal qui équipe la police. En mars dernier, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve présentait les nouveaux équipements de la BAC, les brigades anti-criminalités de la police nationale. Désormais la BAC est munie comme l’armée allemande  d’un fusil d’assaut HK-G36, capable de tirer 750 balles par minute et d’atteindre sa cible à 500 mètres. Ces fusils d’assaut doivent normalement restés dans le coffre. Cela suffira-t-il à dissiper l’usage que la BAC pourrait en faire ?

 

 

netfeeders-emeutes-loi-anti-travail

 

 

A propos de l'auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.